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Anxiété de performance

  • Soleda
  • il y a 1 heure
  • 3 min de lecture

J'aurais aimé qu'on me dise que j'avais le droit de me tromper… Pendant longtemps, j'ai cru que ma valeur dépendait de mes résultats.


J'aurais voulu qu'un adulte me regarde dans les yeux et me dise :


"Tu as le droit de te tromper."


"Tu n'as pas besoin d'être la première de classe pour être une personne formidable."


"Tu ne seras pas plus heureuse avec 90 % qu'avec 70 %."


"Les erreurs ne sont pas des preuves d'incompétence. Elles sont le chemin de l'apprentissage."


J'aurais aimé entendre que la vie ne se résume pas aux notes d'un bulletin. Qu'il existe mille façons d'être intelligent. Que tout ne s'apprend pas à l'école, ni dans les livres.


Que la curiosité, la créativité, l'empathie, le courage, la persévérance ou encore la capacité à se relever après un échec sont des richesses qui ne figurent dans aucune moyenne générale.


Enfant, j'étais perfectionniste.Éternellement insatisfaite. Même lorsque mes résultats étaient excellents, je n'arrivais jamais à ressentir de la fierté. Il y avait toujours cette petite voix qui murmurait : « Tu aurais pu faire mieux. »


Alors je continuais à courir.


Courir après la perfection.


Courir après la validation.


Courir après un idéal impossible à atteindre.


Et plus mes notes étaient bonnes, plus les attentes grandissaient. Comme si ce n'était jamais assez. Je me suis construite sur ce modèle de performance.


Chaque remise de bulletin était une épreuve. Je me souviens encore de cette boule au ventre avant de découvrir mes résultats. Avec le recul, je trouve cela profondément triste.


Et aujourd'hui, il y a une chose que j'ai envie de dire avec beaucoup d'humilité. J'ai presque honte d'avoir vécu cette peur de l'échec alors que certains de mes camarades affrontaient de véritables difficultés scolaires. Eux se battaient chaque jour pour réussir malgré des obstacles bien plus grands. Cela me rappelle que la souffrance ne se mesure pas à un pourcentage sur une copie. L'anxiété scolaire peut toucher un enfant en difficulté… comme un enfant qui réussit très bien.


Aujourd'hui encore, il m'arrive de penser que je ne suis "pas assez intelligente". C'est une croyance profondément ancrée. Une croyance que je déconstruis chaque jour.


Avec le temps, j'ai compris que mon fonctionnement neuroatypique y avait probablement contribué. Être HPI ne protège ni du doute ni de l'anxiété. Et lorsqu'un TDAH s'ajoute à l'équation, il peut devenir extrêmement difficile de reconnaître sa propre valeur tant l'on voit surtout ce que l'on oublie, ce que l'on rate ou ce que l'on aurait pu mieux faire.


C'est aussi pour cette raison que j'ai créé Yogappy. Parce que je connais cette souffrance de l'intérieur. Parce que je sais ce que ressent un enfant qui pleure avant une interrogation.


Celui qui pense qu'il décevra tout le monde s'il n'obtient pas une bonne note.


Celui qui croit qu'il doit être parfait pour mériter d'être aimé.


À tous les enfants qui liront peut-être ces lignes un jour, j'ai envie de vous dire ceci :


Vous êtes bien plus que vos résultats.


Votre valeur ne se calcule pas sur vingt.


Vous avez le droit d'échouer.


Vous avez le droit d'apprendre à votre rythme.


Vous avez le droit d'être imparfaits.


Parce qu'au bout du compte, ce ne sont pas les bulletins qui construisent une vie.


Ce sont les expériences.


Les rencontres.


Les erreurs.


Les rêves.


Et le courage de continuer à avancer, même lorsque le chemin devient plus difficile.


Avec tout mon cœur,


Soleda

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